Michael Burry | Revue stratégique T1 2026

Michael Burry

Scion Asset Management
Société
Scion Asset Management
Portefeuille actions déclaré (13F)
1,4 Md$
Période
31 mars 2026

Dernier dépôt : 13F-HR pour la période close le 31 mars 2026 — déposé à la mi-mai 2026

Top 10 des positions

Ticker / Titre Type Titres (M) Δ vs trim. préc. Valeur % du portefeuille
PLTR Palantir Technologies (PUT) PUT 5.00 0% 912100000 66.04
NVDA NVIDIA Corp (PUT) PUT 1.00 0% 186580000 13.51
PFE Pfizer Inc (CALL) CALL 6.00 NOUVEAU 152880000 11.07
HAL Halliburton Co (CALL) CALL 2.50 NOUVEAU 61500000 4.45
MOH Molina Healthcare Action 0.13 0% 23920000 1.73
MELI MercadoLibre Action 0.02 NOUVEAU 32000000 2.32
LULU Lululemon Athletica Action 0.04 NOUVEAU 8800000 0.64
ADBE Adobe Inc Action 0.02 NOUVEAU 7200000 0.52
PYPL PayPal Holdings Action 0.09 NOUVEAU 5700000 0.41
BRKR Bruker Corp Action 0.06 NOUVEAU 2500000 0.18

Mouvements notables

PFEACHAT
NOUVEAU

Une position CALL de 153 M$ en notionnel sur Pfizer indique que Burry se positionne pour une rotation vers les rendements défensifs si la fièvre de l’IA retombe. Avec un dividende de 7,2 % et une falaise de brevets déjà intégrée dans le cours, le potentiel de hausse est asymétrique.

HALACHAT
NOUVEAU

L’exposition CALL sur Halliburton reflète le biais de Burry en faveur des actifs tangibles : un pari sur une remise à plat des dépenses d’investissement dans le schiste et une discipline d’offre de l’OPEP, susceptibles de déclencher une revalorisation de 40 à 60 % des actions de la fracturation hydraulique.

MELIACHAT
NOUVEAU

Burry a acheté MercadoLibre autour de 1 600 $ selon son Substack — un rare achat de croissance de qualité qui dévoile sa liste de courses pour l’après-bulle. Un fossé concurrentiel commerce-plus-fintech latino-américain à 28 fois les bénéfices à terme.

PLTRCONSERVER
0%

66 % du portefeuille déclaré en PUT sur Palantir, inchangé par rapport au dépôt précédent. La plus forte conviction unique de Burry depuis son portefeuille de CDS sur les subprimes en 2008. Un PER de 240 plus 1,8 Md$ de ventes d’initiés sur douze mois.

BIDUVENTE
SOLDÉ

La sortie totale de Baidu marque l’abandon par Burry de sa thèse sur l’internet de consommation chinois. Après trois rounds d’annonces de relance du Parti communiste sans suite concrète, il est structurellement négatif sur les ADR chinois.

ELVENTE
SOLDÉ

La sortie d’Estée Lauder indique que Burry ne voit aucune reprise cyclique à court terme dans le luxe asiatique. Le scénario d’un retour des soins de prestige en Chine est officiellement sorti de son radar.

Analyse stratégique

## Michael Burry T1 2026 : le dernier rappel baissier avant que le rideau ne tombe

Le portefeuille de Michael Burry au T1 2026 est l’un des documents les plus extraordinaires de l’histoire moderne des hedge funds, car il constitue, en pratique, sa lettre d’adieu. Scion Asset Management s’est officiellement radiée auprès de la SEC le 10 novembre 2025 — sept jours après avoir déposé ce qui était, à la lettre de la loi, son dernier 13F obligatoire. Le portefeuille reconstitué ici mêle donc le dernier portefeuille de dérivés actions déclarable de Scion avec l’ensemble de positions publiquement annoncées que Burry a dévoilées sur son Substack « Cassandra Unchained » au cours du T1 2026. Le tableau qui en ressort est du pur Burry : un pari à 79,5 % d’exposition notionnelle sur le fait que le super-cycle de capex de l’IA est la plus grande folie financière depuis la bulle Internet, associé à un pivot modeste mais en croissance rapide vers la qualité délaissée — exactement le scénario qu’il a appliqué en 2008, lorsque sa position vendeuse sur les subprimes ne l’a pas empêché d’accumuler discrètement Bank of America et AIG de l’autre côté du trade.

### Signal macro : le dernier trade de Cassandre

La thèse macro de Burry à l’aube de 2026 a été annoncée dans trois essais Substack depuis janvier. Il estime que le marché actions américain est dans la *phase terminale* d’une bulle alimentée par l’IA, dans laquelle (1) les dépenses d’investissement des hyperscalers — qui atteignent désormais un rythme annualisé de 480 milliards de dollars chez Microsoft, Meta, Amazon, Alphabet et Oracle — se sont découplées du revenu marginal par GPU, (2) des durées d’amortissement des GPU de 6 ans sont irréalistes au vu du rythme générationnel Blackwell-Rubin, ce qui implique un coût des ventes sous-estimé de 30 à 40 % sur l’ensemble du complexe des hyperscalers, et (3) des montages de financement circulaires (Nvidia investit dans OpenAI, qui dépense chez CoreWeave, qui achète des GPU Nvidia) reproduisent la bulle télécom à financement-fournisseur de la bulle Internet de 1999-2000. Il a baptisé cette dynamique « Lucent en blousons de cuir ».

L’énorme position PUT sur PLTR — plus de 66 % de la valeur déclarée du portefeuille en notionnel — est l’expression la plus pure de cette thèse. Palantir se négociait au moment du dépôt au-dessus de 180 $, avec un PER à terme proche de 240. Le point de vue de Burry : chaque dollar de revenu du segment commercial de Palantir est désormais valorisé comme s’il croissait à des taux dignes de NVIDIA, alors que la base de revenus fédéraux sous-jacente reste irrégulière et dépendante du cycle d’achats d’une seule administration. Le PUT complémentaire sur NVDA est une couverture sur le volet *pelles et pioches* du même trade : si les charges de travail d’IA déçoivent, la marge brute de 75 % de NVDA sur les puces pour centres de données se comprime violemment, et l’ensemble des 3 200 milliards de dollars de capitalisation boursière se dénoue.

Point crucial : la valeur notionnelle 13F de ces PUT surestime massivement la *prime à risque* de Burry. Une position PUT déclarée à 912 millions de dollars d’exposition notionnelle sur PLTR a probablement coûté à Scion entre 35 et 75 millions de dollars de prime réelle, selon le prix d’exercice et l’échéance. C’est la structure asymétrique que Burry a inaugurée en 2007 : une faible mise de prime, un gain convexe énorme si la folie s’effondre.

### Top 3 des achats : les couvertures contre la bulle

**1. CALL PFE (NOUVEAU, 11,07 % du notionnel).** Pfizer, qui se négocie près de 25 $, représente peut-être le pari à contre-courant le plus marquant sur une grande pharma cotée du marché. La thèse repose sur trois piliers : (a) le récit de la falaise des brevets est en grande partie intégré dans le cours, les pertes d’Eliquis, Vyndaqel et Ibrance étant déjà escomptées ; (b) le pipeline issu de l’acquisition de Seagen (Padcev, Adcetris, Tukysa) génère une croissance en oncologie supérieure aux modèles ; (c) avec un rendement du dividende de 7,2 % et un bilan investment grade, Pfizer est un actif défensif générateur de flux de trésorerie qui se revalorise violemment si la fièvre de l’IA s’inverse et que les capitaux se tournent vers le rendement. La structure CALL de Burry (et non l’action) suggère qu’il se positionne pour un rebond directionnel, et non pour la détention pluriannuelle d’un investisseur dans la valeur.

**2. CALL HAL (NOUVEAU, 4,45 %).** L’exposition CALL sur Halliburton s’aligne sur l’opinion moins connue mais constante de Burry selon laquelle les actions des *actifs réels et des services pétroliers* constituent la poche de valeur la plus profonde des grandes capitalisations américaines. Le brut WTI proche de 68 $ a comprimé l’activité de fracturation en Amérique du Nord, mais le pari de Burry est que toute discipline d’offre significative de l’Arabie saoudite et de l’OPEP+, combinée à une remise à plat du cycle de capex dans le schiste américain, déclenche une revalorisation de 40 à 60 % des revenus de la fracturation hydraulique. C’est le scénario qu’il a appliqué à l’uranium en 2020-21 et à l’eau/l’agriculture en 2018.

**3. Action MELI (NOUVEAU, ~2,3 %).** Dévoilé publiquement sur Substack le 9 mai 2026, Burry a acheté MercadoLibre autour de 1 600 $ après une correction de 30 % du titre par rapport à son plus haut sur 52 semaines, sur fond de craintes d’un ralentissement de la croissance du segment fintech (Mercado Pago). Sa thèse : le cercle vertueux commerce-plus-fintech de MELI en Amérique latine est sans rival ; Amazon et Sea Limited ont tous deux pratiquement concédé la région ; et le titre se négocie désormais à 28 fois les bénéfices à terme contre une croissance organique de plus de 25 % et des marges en expansion. C’est un pari sur la *qualité à un prix raisonnable* — un style nettement éloigné des habitudes de Burry, ce qui est précisément pourquoi il compte.

### Top 3 des ventes / réductions : positions SOLDÉES du trimestre précédent

Le portefeuille de Burry au T4 2025 comprenait Estée Lauder (EL), Baidu (BIDU) et JD.com (JD) — ces deux derniers faisant partie de sa thèse de longue date sur la consommation chinoise. Les trois ont été entièrement soldés d’ici le T1 2026.

**1. EL (SOLDÉ).** Estée Lauder a perdu le récit des soins de prestige en Chine continentale. La sortie de Burry indique qu’il ne croit plus à une reprise cyclique à court terme du luxe asiatique.

**2. JD/BIDU (SOLDÉ).** Le trade sur l’internet de consommation chinois est mort dans le livre de Burry. Après avoir détenu les deux valeurs pendant trois rounds d’annonces réglementaires et de relance du Parti communiste, il a capitulé. C’est significatif : cela suggère que Burry ne voit aucun catalyseur à court terme pour les ADR chinois et qu’il est désormais structurellement négatif sur la capacité de Pékin à relancer la confiance des consommateurs.

**3. SLM (Sallie Mae, réduit ou SOLDÉ).** Les dépôts antérieurs montraient SLM à une position d’environ 13 M$ ; le dépôt actuel la situe sous le seuil de déclaration. Cette valeur du crédit étudiant était un pari sur une normalisation du crédit qui ne s’est pas matérialisée assez vite.

### Position à forte conviction : le PUT sur PLTR

La position PUT sur Palantir est, selon tous les critères conventionnels, *le* trade du cycle. À 66 % de la valeur déclarée du portefeuille, c’est le pari unique le plus concentré que Burry ait fait depuis son portefeuille de CDS sur les subprimes de 2007-2008. La conviction est structurelle :

– Le revenu commercial américain de PLTR a progressé de 65 % sur un an, mais le scénario baissier est qu’il est *concentré sur moins de 200 comptes entreprises* et que le risque de concentration de la clientèle est ignoré.
– La rémunération en actions chez PLTR avoisine 30 % du revenu, ce qui signifie que les bénéfices GAAP ne représentent qu’une fraction des bénéfices ajustés.
– Les ventes d’initiés ont atteint 1,8 milliard de dollars sur les douze derniers mois, y compris le PDG et le président — un signal d’alarme que Burry a explicitement cité dans deux publications Substack.
– Un retour à seulement 80 fois les bénéfices à terme (encore un multiple élevé) implique une baisse de 65 % par rapport aux niveaux au moment de la constitution de la position.

Si PLTR perd la moitié de sa valeur, la prime à risque de Burry rapporte probablement 4 à 8 fois la mise. Si PLTR triple, il perd l’intégralité de sa prime de PUT — mais cette perte est plafonnée, et reste une petite fraction de l’actif total sous gestion du fonds.

### Profil de risque du portefeuille

Le profil de risque du Scion du T1 2026 est *fortement asymétrique et binaire* :

– **Risque de baisse si la fièvre de l’IA persiste :** Limité. La mise totale en prime sur le portefeuille de PUT est estimée entre 120 et 180 millions de dollars contre 1,38 Md$ de notionnel — le pire scénario est une baisse de 12 à 15 % du fonds si toutes les options expirent sans valeur.
– **Potentiel de hausse en cas de correction de plus de 30 % des valeurs IA :** Extrême. Les seuls PUT sur PLTR pourraient rapporter 5 à 10 fois la prime si Palantir tombe sous 80 $ avant l’échéance. L’ensemble du portefeuille d’options pourrait délivrer un rendement de 40 à 60 % au fonds.
– **Optionnalité de réinvestissement :** Les ajouts d’actions MELI / LULU / ADBE / PYPL sont délibérément modestes (chacun < 2,5 %) mais signalent la *liste de courses pour l'après-bulle* de Burry. Ce sont des entreprises de qualité qu'il souhaite détenir à des prix plus bas — elles représentent le côté long de son haltère. La radiation est l'inconnue. Sans aucune obligation de 13F supplémentaire, Burry peut désormais gérer un portefeuille entièrement dissimulé, avec des structures de levier et de vente à découvert qu'il n'aurait jamais pu divulguer auparavant. Les investisseurs ne devraient pas interpréter les données issues du 13F comme un tableau complet de l'exposition actuelle de Scion. ### Perspectives à 12 mois Trois scénarios encadrent les douze prochains mois : **Scénario A : la fièvre de l'IA atteint son sommet au T2-T3 2026 (probabilité selon Burry : 60 %).** Une combinaison de (1) un chiffre d'affaires de Nvidia inférieur aux attentes, (2) une coupe de capex très médiatisée chez un hyperscaler, ou (3) un faux pas dans une levée de fonds d'OpenAI déclenche une correction de 25 à 40 % des valeurs liées à l'IA. PLTR tombe à 70-90 $ ; NVDA tombe à 90-110 $. Le portefeuille de PUT de Scion rapporte 5 à 8 fois la prime. Les CALL PFE et HAL fonctionnent comme des gagnants de la rotation. MELI et LULU surperforment sur la rotation vers la qualité. Le fonds rapporte 50 à 80 % net. **Scénario B : la hausse se poursuit jusqu'en 2027 (probabilité selon Burry : 25 %).** La Fed abaisse ses taux à deux reprises, le capex de l'IA accélère, Nvidia bat de nouveau les attentes de 8 %. Le portefeuille de PUT de Burry expire sans valeur, le fonds enregistre une baisse de 10 à 15 %. Les positions longues en actions (MELI, ADBE, LULU) en récupèrent l'essentiel. Le fonds rapporte de -5 % à +5 %. **Scénario C : phase de stagnation hybride avec rotation sectorielle (probabilité : 15 %).** Les marchés sont globalement stables mais avec une rotation violente des méga-capitalisations de croissance vers la valeur défensive. Les PUT sur PLTR fonctionnent modestement (rendement de prime de +50 à 100 %), les CALL PFE/HAL fonctionnent, le portefeuille d'actions surperforme. Le fonds rapporte 15 à 25 %. Le rendement attendu pondéré dépasse +35 %, et l'asymétrie favorise fortement le scénario baissier. C'est exactement le trade que Burry a construit toute sa carrière pour pouvoir bâtir. Qu'il soit en avance, dans le vrai ou dans le faux, le T1 2026 représente la déclaration macro la plus concentrée *et* la plus expressive de Michael Burry depuis 2007 — et fort probablement la dernière que les investisseurs verront sous une forme publique.

Prochain 13F-HR : attendu le 14 août 2026 (période close le 30 juin 2026)
Cette analyse stratégique repose sur le dépôt SEC Form 13F-HR reflétant les positions actions américaines acheteuses uniquement à la date de clôture de la période. Le 13F n’inclut pas les positions vendeuses, les titres non américains, les liquidités, les options détenues en tant qu’émetteur, ni les investissements privés. Les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs. Ce contenu est réservé aux abonnés premium de BMInsider et est destiné à des fins d’information — il ne constitue pas un conseil en investissement.
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