Supercycle défense / réarmement
L'Europe et l'OTAN augmentent leurs budgets de défense pour des années — une vague de dépenses structurelle, pas un one-off.
Après le sommet de l'OTAN de 2025 à La Haye, les alliés se sont engagés sur 5 % du PIB d'ici 2035 (3,5 % de défense de base plus 1,5 % de dépenses connexes). L'Allemagne se dirige vers environ 117 milliards d'euros en 2026, tandis que la Pologne et les pays baltes sont déjà à quatre pour cent ou plus. C'est une vague de demande pluriannuelle, ancrée dans les traités, qui gonfle les carnets de commandes et les marges des grands groupes de défense.
Mécanique
Les budgets de défense publics irriguent l'industrie via des contrats pluriannuels et se transforment en carnets de commandes de longue durée qui rendent chiffre d'affaires et marges visibles pour des années. Munitions, blindés, navires de guerre et informatique de défense ont des capacités limitées : la hausse des budgets rencontre une offre tendue et renforce le pouvoir de fixation des prix. Les groupes qui construisent des capacités tôt captent une part disproportionnée de la vague de commandes.
Catalyseurs
Le sommet de l'OTAN à Ankara en juillet 2026 devrait encore consolider les trajectoires de dépenses. Rheinmetall attend un carnet de commandes plus que doublé à environ 135 milliards d'euros en 2026, avec 40 à 45 % de croissance du chiffre d'affaires. La poursuite de la guerre en Ukraine, de nouveaux contrats navals et de munitions ainsi que les fonds spéciaux nationaux agissent comme déclencheurs continus.
Risques
Un accord de paix en Ukraine ou la pression politique sur les déficits pourraient ralentir la trajectoire de dépenses ; la France, par exemple, reste proche de 2,25 % malgré les promesses. Les valorisations des leaders européens sont élevées après le rallye et intègrent beaucoup de croissance : les déceptions sont durement sanctionnées. Les goulets d'étranglement de capacité et d'approvisionnement ainsi que des attributions politisées restent des sources d'incertitude.
Horizon temporel
Structurellement pluriannuel : les engagements courent jusqu'en 2035, avec des hausses budgétaires concrètes déjà dans les plans 2026-2029. Des carnets de commandes de quatre à cinq ans rendent le chiffre d'affaires visible loin dans la décennie.